Non, le « mode créateur » n’existe plus sur LinkedIn. L’interrupteur a été retiré en 2024, et les hashtags « Talk about » de profil avant lui. La plateforme n’a pas supprimé les fonctions : elle les a ouvertes à tout le monde par défaut. La vraie question n’a jamais été le bouton, mais ta régularité et la clarté de ton sujet.
Le « mode créateur » existe-t-il encore en 2026 ?
Non. Le fameux interrupteur que tu activais dans les réglages de ton profil a disparu, et il ne reviendra pas. Pendant deux ou trois ans, « passer en mode créateur » a été le premier conseil qu’on donnait à un indépendant qui débutait sur LinkedIn. Aujourd’hui, ce conseil n’a plus d’objet : il n’y a plus rien à activer.
Ce qui a précédé sa disparition est tout aussi parlant. Les hashtags « Talk about » (ces trois ou quatre thèmes que tu épinglais sous ton nom pour dire de quoi tu parlais) ont été retirés eux aussi. LinkedIn a jugé qu’ils n’aidaient personne à comprendre ton sujet. Un hashtag épinglé ne dit rien : ce sont tes posts qui disent de quoi tu parles.
Si tu cherches encore le réglage dans ton profil, arrête : tu perds ton temps sur une case qui n’existe plus. La bonne nouvelle, c’est que tout ce que cette case débloquait est déjà à toi.
Qu’est-ce que LinkedIn a vraiment changé ?
Il n’a rien enlevé, il a tout rendu accessible par défaut. Les fonctions qui exigeaient autrefois d’activer le mode créateur sont désormais disponibles pour n’importe quel membre, sans condition et sans bascule. Voilà ce que tu as sous la main, que tu le saches ou non.
Le bouton « Suivre » et le lien personnalisé
Le bouton « Suivre » en avant sur ton profil (pour que les gens s’abonnent à toi sans demande de connexion) faisait partie du mode créateur. Il est là par défaut. Le lien personnalisé sous ta bio, celui qui envoie vers ton site ou ta prise de rendez-vous, aussi.
La newsletter, le live, les analytics
La newsletter native, la diffusion en direct, les statistiques de tes posts : ces outils étaient la carotte du mode créateur. Ils sont ouverts à tous. Tu peux lancer une newsletter cette semaine si tu as un sujet et une cadence, sans rien débloquer au préalable.
Le seul changement réel pour toi, c’est mental : tu ne peux plus te dire « je m’y mettrai quand j’aurai activé le mode créateur ». Il n’y a plus de seuil. Il n’y a plus d’excuse d’attente. Il ne reste que la décision de publier.
Pourquoi la question « faut-il activer le mode créateur » n’a-t-elle plus de sens ?
Parce qu’elle a toujours confondu un réglage avec un travail. Activer un interrupteur ne t’a jamais rendu créateur, pas plus qu’acheter des baskets ne te rend coureur. Le toggle changeait deux ou trois éléments d’affichage sur ton profil ; il ne changeait rien à ce que le fil montrait de toi, parce que le fil n’a jamais regardé ta case, il a regardé tes posts.
J’ai vu le contre-exemple des dizaines de fois. Un indépendant compétent, qui a de vraies choses à dire, passe sa première semaine à traquer le bon réglage : mode créateur, hashtags de profil, bannière, section « sélection ». Il optimise une vitrine vide. Trois mois plus tard, le profil est impeccable et il n’a rien publié. Pendant ce temps, quelqu’un avec un profil moyen mais trois posts par semaine s’est fait connaître dans sa niche.
La disparition du mode créateur est en fait un cadeau : elle supprime le dernier prétexte technique. Tu n’as plus à te demander si tu es « en règle » pour créer. Tu l’es, par défaut, comme tout le monde.
Qu’est-ce qui compte vraiment à la place ?
Deux choses que LinkedIn a toujours récompensées, et qu’aucun toggle n’a jamais remplacées : la régularité et la clarté de ton sujet. Ce sont elles qui font qu’on te reconnaît, qu’on te suit, et que le fil finit par te diffuser plus loin.
La régularité d’abord. Un post excellent tous les deux mois ne construit rien ; trois posts corrects par semaine installent une présence. La plateforme favorise les membres qui reviennent et alimentent la conversation, pas ceux qui déposent un chef-d’œuvre et disparaissent. C’est le cœur de poster régulièrement sur LinkedIn, et c’est aussi le levier le plus sous-estimé pour augmenter sa portée sur LinkedIn.
La clarté du sujet ensuite. Les hashtags « Talk about » sont morts parce qu’ils prétendaient dire ton sujet à ta place. Ton sujet, ce sont tes posts qui le prouvent, semaine après semaine. Si quelqu’un tombe sur ton profil, il doit comprendre en dix secondes ce que tu fais et pour qui : c’est le travail de se positionner comme expert sur LinkedIn, et le fait de tenir un cap éditorial se joue dans ta ligne éditoriale LinkedIn.
Ni l’une ni l’autre ne s’active dans un menu. Elles se décident, puis se tiennent. C’est moins confortable qu’un bouton, mais c’est ça qui marche, et ça a toujours été ça.
Par où commencer cette semaine ?
Arrête de chercher un réglage, et remets ton énergie là où elle produit quelque chose. Dans l’ordre :
- Oublie le mode créateur. Il n’existe plus, et tout ce qu’il ouvrait est déjà actif chez toi. Ferme les réglages.
- Clarifie ton titre de profil. En une phrase : ce que tu fais, pour qui, avec quel résultat. C’est ta page d’atterrissage quand un post t’amène un visiteur.
- Fixe une cadence tenable. Deux ou trois posts par semaine que tu peux réellement soutenir valent mieux qu’un rythme ambitieux abandonné au bout de dix jours.
- Publie le premier aujourd’hui. Sur ton sujet, pas sur ton profil. Un mot de vocabulaire te bloque ? Le glossaire LinkedIn le pose en une ligne.
Le mode créateur a disparu et personne ne l’a regretté, parce qu’il n’a jamais été ce qui comptait. Ce qui compte tient dans une phrase : dis quelque chose d’utile, sur un sujet clair, régulièrement. Aucun interrupteur ne l’a jamais fait à ta place, et aucun ne le fera.